Non au cumul des mandats !
Lettre ouverte à nos élus.

 



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Vous le savez mieux que beaucoup, l’horizon s’assombrit. L’actuelle collusion de crises économiques, écologiques et sociales n’est probablement que le prélude à de plus graves dysfonctionnements, à une échelle inédite jusqu’à présent.

Aussi, devant l’ampleur et la complexité des décisions à prendre, est-il très important que les citoyens puissent compter sur leurs représentants et que de votre côté, vous puissiez être assurés de leur soutien, même s'il est parfois critique.

Nous sommes loin du compte. Actuellement, on observe plutôt l’augmentation du désarroi, de la désillusion, de la méfiance à votre égard : le fossé se creuse entre les électeurs et vous. Les raisons de cet éloignement progressif sont nombreuses et beaucoup d’entres-elles ne sont pas de votre seule responsabilité.

En revanche, où elle est complètement engagée, c’est dans la manière de « faire de la politique ». En particulier dans cette pratique consistant à s’approprier plusieurs mandats. En France, vous êtes 85% à exercer au moins deux mandats (15% en G.B et en Espagne, 10% en Allemagne). Mais à ce premier cumul horizontal, s’ajoute de plus en plus souvent le vertical : le cumul dans le temps. Grâce à la succession de mandats, il devient possible de construire de véritables carrières professionnelles.

Cette situation laisse peu à peu s’insinuer le doute sur vos motivations. On peut en effet soupçonner que l’enthousiasme des débuts a été progréssivement remplacé par la seule satisfaction du pouvoir et des avantages – symboliques et autres – qu’il procure. Car être élu ne suffit plus : il faut durer et progresser. Changer de fonction, certes, mais en gardant la précédente, au motif qu’elle risque, en cas de nouvelle élection, de passer au camp adverse.

Ce cumul de mandats ou de fonctions qui, pour la plupart d'entre eux, méritent d’être assurés à temps plein, crée également le doute sur la manière dont vous assurez vos engagements :
- risques de dérives vers l’irresponsabilité avec l’utilisation quasi systématique de la délégation de signature ;
- risques de prééminence de l’intérêt local sur l’intérêt général ;
- risques enfin, du fait de ce cumul, de ne pas être présents aux endroits où vous êtes simultanément requis.

Cet absentéisme dans les différents lieux où vous avez le redoutable honneur de nous représenter est devenu, chez nos amis européens, le signe le plus visible de cette célèbre « exception française ».

Cette conception de votre rôle a aussi des conséquences sur les organisations dont vous êtes membres ; leur capacité à mobiliser les citoyens autour des enjeux majeurs est déterminante pour le bon fonctionnement de nos démocraties parlementaires. Beaucoup d’adhésions sont encore le fait de citoyens souhaitant participer au travail d’élaboration des programmes utiles à l’alternative démocratique ; ou soucieux de s’informer de la position de leur organisation sur les sujets d’actualité.

Malheureusement, trop souvent, ils ne sont plus conviés que comme les spectateurs des luttes farouches entre prétendants aux différentes positions de pouvoir. Ainsi êtes-vous devenus les complices de la lente transformation de ces lieux de démocratie locale, en simples « machines à trier les candidats ».

Transformés en « syndicats d’élus », équipés de leur propre oligarchie interne par la concentration aux mains de quelques-uns uns de l’essentiel des pouvoirs , les partis politiques ne risquent-ils pas de disparaître ? Ce n’est pas impossible mais ce serait une mauvaise chose : les régimes autoritaires détestent les organisations politiques en état de marche.

Cette situation est préoccupante et vous n’avez guère d’excuses à ne pas engager très rapidement les mesures nécessaires (épargnez-nous l’excuse populiste des « vrais » besoins des « vraies » gens… occupation de tous vos instants…). Nous avons aussi besoin de compter sur une classe politique mobilisée et concentrée sur ses missions. Aussi vous est-il proposé de préparer, dans les délais les plus courts possibles, une mesure simple et radicale :

Mise en place du mandat unique, renouvelable une fois.
Possibilité d’exercer des mandats ou fonctions électives différents mais dans une durée maximale de vingt ans.

Dans l’immédiat, sans attendre une loi, tous les efforts doivent être faits pour que les listes proposées aux élections régionales de mars 2010 soient constituées sans candidats en situation de cumul et sans candidats à un troisième mandat.



Attention! votre signature ne sera valable, que si vous la confirmez en cliquant sur le lien contenu dans le mail de confirmation qui vous sera envoyé.

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